C’est officiel : la France est contre le deep sea mining

“La France soutient l'interdiction de toute exploitation des grands fonds marins. J'assume cette position et la porterai dans les enceintes internationales.”

Cette phrase est extraite du discours d’Emmanuel Macron tenu le 7 novembre 2022 pendant la COP27, en Égypte. Une annonce qui fait écho à un premier positionnement du président français en juillet lors du Sommet des Nations unies sur l’océan, où il avait annoncé soutenir l’interdiction de l’exploitation minière des fonds marins.

Mais c’est cette nuit, pendant les négociations avec l’Autorité internationale des fonds marins en Jamaïque, que ce discours a eu son premier effet : l’ambassadeur de la délégation française a concrétisé l'annonce d'Emmanuel Macron en clarifiant la position de la France contre l'édiction du code minier et la délivrance des permis. Désormais, place à la bataille juridique et à la négociation !

Quel est le positionnement de la France sur l’exploitation minière des fonds marins ?

Concrètement, cela veut dire que la France rejoint le groupe des 11 autres pays pour le moratoire sur l’exploitation minière des fonds marins (bien que la France aille plus loin), qu’elle est contre l’édiction du code minier et la délivrance des permis d’exploitation. Les autres pays sont : le Costa Rica, le Panama, l’Equateur, le Chili, l’Espagne, l’Allemagne, Fidji, la Micronésie, Palau, Samoa et la Nouvelle-Zélande.

La France s’est proposée, aux côtés du Costa Rica, pour organiser la troisième Conférence des Nations unies sur l’océan en 2025. Avant cela, il s’agit de convaincre un maximum d’États à rejoindre le moratoire - pendant la COP27 par exemple, mais aussi pendant ces négociations à l’AIFM, lors de la COP15 Biodiversité… 

La France va plus loin que le moratoire

En effet, Emmanuel Macron n'a pas appelé à une pause simple de l'exploitation minière des fonds marins, mais s'est positionné "contre toute exploitation". 

Pourquoi un moratoire sur l’exploitation minière des fonds marins ?

Les scientifiques demandent de repousser l’exploitation minière des fonds marins le temps que la science fasse son travail :

→ permettre aux scientifiques de mieux connaître et comprendre ces écosystèmes profonds - mais aussi l'impact de cette industrie de raclage et forage des fonds marins 

→ préserver ce qui peut encore l’être en biodiversité et puits de carbone

→ changer de paradigme et encourager plutôt une économie circulaire (recycler les métaux existants plutôt que d’aller puiser des nouveaux)

Pourquoi c’est urgent ?

Le code minier, l'ensemble des règles qui encadreront l'exploitation minière en eaux internationales, est actuellement en négociations à l'AIFM et le sera jusqu'en juin 2023. Selon des études, les premiers bâteaux pourraient donc partir en juillet 2023. 

C’est pourquoi il faut mettre en pause les contrats d’exploitation minière au plus vite.

Une belle victoire pour la mobilisation citoyenne

Pendant des mois, scientifiques, ONG et activistes ont bataillé pour faire connaître et rendre accessible ce sujet obscur du deep sea mining, avec notamment la campagne #LookDown et #DefendTheDeep pour protéger les abysses dont on avait parlé ici par exemple, à l’occasion de l’ouverture du One Ocean Summit à Brest.